Trouble déficitaire de l’attention

Vous qui êtes parents, enseignants, professionnels de l’enfance,… avez peut-être déjà été interpellés par le comportement « débordant » d’un enfant, par son agitation fréquente et face auxquels vous vous êtes senti démuni… Sous ces comportements, peuvent se cacher des troubles qu’on appelle TDA/H (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité) et qui peuvent être détectés à l’aide d’une évaluation neuropsychologique notamment.
Mais que signifie exactement ce terme et qu’entraîne-il au quotidien ?
Pour le comprendre, il est utile de commencer par expliquer ce que désigne la neuropsychologie: il s’agit d’une discipline au croisement de la neurologie et de la psychologie : elle s’attache à faire le lien entre les différentes structures cérébrales, le fonctionnement cognitif et le comportement d’un individu.
L’activité du neuropsychologue se déroule en deux temps: le bilan et la rééducation.

Le bilan, de quoi s’agit-il?
Au moyen d’épreuves normées, les différentes fonctions cognitives (intellectuelles, attentionnelles, exécutives, mnésiques et visuo-spatiales) sont évaluées afin de situer l’enfant par rapport à son groupe d’âge.
Le bilan intellectuel
Celui-ci permet l’évaluation du fonctionnement global de l’enfant. Il est souvent demandé dans le cadre d’une réorientation scolaire.
Le bilan attentionnel
Il est généralement effectué en deux parties, chacune durant environ 1 heure 30. Les fonctions cognitives suivantes y sont examinées:
Les fonctions attentionnelles:
Celles-ci forment un ensemble de plusieurs sous-composantes, chacune permettant l’adéquation dans son environnement. Le neuropsychologue évalue les capacités d’attention visuelle, auditive, divisée et soutenue ainsi que l’alerte et la vitesse de traitement.
Les plaintes type lors de déficits attentionnels sont les suivantes:
– mon enfant est plus lent que les autres pour faire ses devoirs
– il lit mal les consignes des problèmes
– il lui arrive de poser des questions qui ont déjà été posées quelques temps auparavant
– il a bien compris les exercices mais fait des erreurs de distraction
– il ne sait pas faire deux choses en même temps
– il change sans cesse d’activité
– …
Ces fonctions sont évaluées à l’aide de tests mais également au travers du comportement de l’enfant lors de la passation des épreuves.

Les fonctions exécutives
Elles permettent à toute personne de faire face à une situation nouvelle, à pouvoir inhiber des automatismes, organiser les informations pour atteindre un but déterminé. Elles impliquent les capacités d’inhibition, de flexibilité et de planification et sont intimement liées aux fonctions attentionnelles.
Les plaintes type:
– mon enfant est très agité
– il parle sans arrêt
– il interrompt sans cesse les conversations
– il gigote sur sa chaise
– il éprouve des difficultés à changer d’activité
– il n’organise pas son travail
– ses cours sont en désordre
– …

La mémoire:
Le bilan neuropsychologique envisage également l’évaluation des fonctions mnésiques, essentielles à l’acquisition de tout nouvel apprentissage et intimement liées aux capacités attentionnelles. Des épreuves de mémoire à court terme et à long terme sont proposées en modalités visuelle et auditive.
Les plaintes types:
– mon enfant a des difficultés à retenir ses poésies
– il oublie ses affaires à l’école
– il ne sait pas suivre une longue conversation
– lorsque plusieurs consignes lui sont fournies, il peut réaliser les premières mais oublie les suivantes
– …
Les fonctions visuo-spatiales:
Celles-ci englobent différentes capacités telles que l’orientation, la mémoire spatiale, la localisation etc… Elles se manifestent dans de nombreuses activités et peuvent donc constituer un frein dans certains apprentissages et acquisitions.
Quelques domaines qui font appel à ces capacités:
– les jeux de construction
– l’orientation gauche/droite
– les dessins
– l’organisation du matériel
– les matières scolaires telles que la géométrie, la lecture de plans, de tableaux

Prises en charge:
A l’issue du bilan, les forces et les faiblesses de l’enfant sont mises en évidence et une rééducation peut être proposée pour pallier les déficits observés. La durée de la prise en charge varie en fonction des attentes et des besoins de l’enfant (et des parents), un minimum de 15 à 20 séances est généralement proposé. Un bilan de contrôle est à ce moment-là proposé afin de justifier ou non la poursuite de la prise en charge.
En séance, plusieurs méthodes sont utilisées en fonction de l’âge de l’enfant mais aussi de ses besoins et de ses acquisitions scolaires. Une des méthodes utilisées est la méthode du drill: celui-ci permet l’entraînement des fonctions déficitaires de façon systématique et régulière sur base d’un matériel neutre ou scolaire. Les fonctions cognitives altérées sont donc entraînées spécifiquement. Ce drill se base sur la plasticité cérébrale des enfants et restaure ainsi la région dysfonctionnelle. Lorsque l’enfant est plus âgé, la neuropsychologue peut proposer des stratégies compensatoires pour contourner le trouble. Ces stratégies permettent d’expliciter les différentes étapes à suivre pour pouvoir résoudre correctement les exercices à l’avenir et ainsi conscientiser l’enfant par rapport à ses troubles. L’enfant sera donc actif dans la prise en charge et essayera, avec l’aide du thérapeute, de trouver des moyens pour contrer ses difficultés.

Charlotte Laming
Neuropsychologue au CTP Molière

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